Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) ont reçu la Rose d’hôpital 2025, prix décerné chaque année par l’asmac. Il récompense un établissement pour une initiative exceptionnelle en faveur des conditions de travail et de formation postgraduée des médecins-assistant·e·s et chef·fe·s de clinique.

Le contexte : des retards ISFM pénalisants

En 2025, l’ISFM a accumulé d’importants retards dans l’octroi des titres de spécialiste, avec des délais d’attente pouvant atteindre 12 mois. Ces retards ont fortement impacté les plans de carrière de nombreux jeunes médecins, en bloquant notamment l’accès au poste de cheffe ou chef de clinique. À Genève, ce poste s’accompagne pourtant d’avantages concrets : un salaire plus élevé, une semaine de vacances supplémentaire et une durée réglementaire de travail réduite de 50 à 40 heures. Sans le titre ISFM, ces avantages restaient inaccessibles, parfois pendant près d’une année.

La solution négociée aux HUG

Alertée par l’AMIG, la direction RH des HUG a rapidement ouvert des négociations. Depuis le 1er janvier 2026, les avantages du poste de chef·fe de clinique s’appliquent dès le dépôt de la demande de titre, sans attendre son octroi par l’ISFM. Plus de 100 médecins en ont directement bénéficié.

Bastien Barcellini, co-président de l’AMIG, souligne que la direction RH a privilégié le bien-être des équipes aux considérations purement financières; une reconnaissance méritée pour un hôpital qui a choisi de ne pas faire porter aux médecins le poids d’un retard administratif.

Une remise de prix à Genève

La Rose d’hôpital a été remise à Genève en présence de Severin Baerlocher, président de l’asmac Suisse, venu la remettre en main propre à l’établissement. Il a salué le retour à la normale des délais de l’ISFM, tout en soulignant que la solution trouvée à Genève avait constitué une véritable lueur d’espoir durant cette période difficile.

Être membre de la FMH présente un avantage concret après l’obtention du premier titre de spécialiste : une partie des cotisations déjà versées est remboursée.

Ce remboursement s’élève à CHF 200.- par année d’affiliation, jusqu’à un maximum de CHF 1000.- sur cinq ans.

Aucune démarche particulière n’est nécessaire : ce remboursement est appliqué automatiquement par la FMH une fois le titre de spécialiste obtenu.

lien vers le site officiel de l’ISFM 

 

Dans son dossier du numéro de mai 2026, La Lettre de l’AMGe donne la parole au comité de l’Association des Médecins d’Institution de Genève (AMIG), qui dresse un constat sévère sur l’application de la clause du besoin dans le canton.

Un instrument détourné de son objectif

Introduite à Genève en 2022 pour réguler l’offre ambulatoire et maîtriser les coûts de l’AOS, la clause du besoin n’a, selon l’AMIG, pas atteint son but : l’évolution des primes genevoises depuis lors (+4,7 % en 2023, +9,1 % en 2024, +6,5 % en 2025, +3 % en 2026) ne montre aucun effet significatif de la mesure, alors que 110 confrères et consœurs se sont vu bloquer l’accès à la facturation AOS au 1er mars 2026.

Quatre critiques majeures

Le comité de l’AMIG identifie une opacité procédurale marquée : le calcul de l’offre repose sur une base déclarative non vérifiée par l’Office cantonal de la santé (OCS), avec des mises à jour seulement quadriennales, ce qui a notamment permis à des praticiens décédés de rester comptabilisés comme actifs.

Un traitement inégal est également dénoncé entre les structures hospitalières, capables de négocier des postes AOS « volants », et les jeunes médecins libéraux en liste d’attente. L’AMIG relève aussi que le système peine à intégrer les taux d’activité partiels et flexibles, de plus en plus demandés par la nouvelle génération, et qu’il limite fortement la liberté d’embauche des cabinets et institutions.

Des demandes concrètes

Le comité réclame une transparence complète sur l’offre, la liste d’attente et les critères d’exception ; une réévaluation en temps réel plutôt que déclarative ; une meilleure prise en compte du temps partiel ; la publication anonymisée des départs à venir ; des dispositions transitoires pour les praticiens déjà en formation en 2022 ; et une intégration plus précoce de ces enjeux dès la formation prégraduée.

L’AMIG conclut en appelant à une réforme conjointe avec les autorités sanitaires, rappelant que la pérennité de l’offre médicale ambulatoire dépend aussi de la capacité à transmettre les cabinets à la relève.

lien vers la lettre de l’AMGe 

Pour rappel, dans le cadre de la clause du besoin, l’accès à l’activité ambulatoire à charge de l’Assurance obligatoire des soins (AOS) est soumis à régulation cantonale, avec des admissions délivrées en nombre limité.

En revanche, il est indispensable d’informer l’OCS si vous n’utilisez pas immédiatement votre admission à 100%, afin de permettre l’ajustement des contingents.

Deux situations doivent être distinguées :

  • Vous recevez une admission mais poursuivez une activité hospitalière (fin de formation, contrat en cours, projet d’installation non immédiat). Vous devez annoncer que vous n’utilisez pas votre AOS de suite au risque de la voir se faire annuler et retourner en haut de la liste d’attente, car vous avez en théorie 6 mois pour l’utiliser à sa délivrance

→ Donc annoncez à l’OCS  un taux d’activité de 1%, afin de conserver l’admission sans l’exploiter pleinement.

 

  • Vous vous installez en ambulatoire avec un taux partiel (p. ex. 60%)

→ vous devez déclarer ce taux à l’OCS ; la part non utilisée permet de libérer du contingent pour d’autres médecins.

Un message officiel vient d’être adressé à l’ensemble des chefs de service et des planificateurs. Objectif : mettre fin aux pratiques hétérogènes concernant la déclaration et la reconnaissance du temps de travail supplémentaire.

Suite à des échanges avec les partenaires sociaux, dont l’AMIG, la direction médicale et la direction des ressources humaines constatent une réalité claire : selon les services, les règles ne sont pas appliquées de manière uniforme. Cette situation n’est plus tolérée.

La position institutionnelle est désormais explicite. La déclaration des heures supplémentaires (HS/HTS) est pleinement soutenue par la direction. Elle n’est pas optionnelle. Elle constitue un levier central de reconnaissance du travail, d’équité entre collaborateurs et de qualité de vie au travail.

Plusieurs principes sont rappelés, sans ambiguïté :

  • Aucune distinction selon le type d’activité : qu’il s’agisse de tâches cliniques ou administratives, les heures doivent être reconnues.
  • Aucune discrimination liée à l’expérience : le niveau de formation ou d’ancienneté ne justifie en aucun cas la non-reconnaissance des heures effectuées.
  • Délai de déclaration élargi : les heures peuvent être saisies jusqu’à la validation RH du mois suivant.
  • Piquet travaillé = temps compté : toute intervention est comptabilisée dès la première minute effective.
  • Validation au plus proche du terrain : la hiérarchie directe est responsable de la validation, sous supervision du chef de service.
  • Transparence obligatoire : chaque collaborateur doit avoir accès à un suivi clair et à jour de ses heures.

La direction demande explicitement que ces règles soient diffusées et appliquées dans tous les services. Elle annonce également une vigilance accrue quant à leur mise en œuvre.

Le message est simple : les heures travaillées doivent être reconnues, partout et pour tous. Toute autre pratique s’écarte désormais de la ligne institutionnelle.

Gardes à rallonge, des journées de travail de 24 h… longtemps, la formation médicale s’est construite sur l’endurance et ce qui semblait être un rite de passage pour devenir un médecin compétent.

Sur les deux dernières décennies, les règles ont changé, et le temps de travail hebdomadaire des jeunes médecins a globalement diminué. Cette évolution s’est-elle faite au détriment de l’expérience clinique des jeunes médecins ?

Dans la thématique de la réduction du temps de travail, une crainte récurrente est qu’elle réduise l’exposition clinique et, par conséquent, la qualité de la formation.

Les données de cette étude récente à Baden suggèrent plutôt l’inverse.

Défendons des heures de travail saines, associées à une formation régulière de qualité, pour continuer à former d’excellents médecins !

lien vers l’article de Medinside  

Le mois dernier, notre assemblée générale 2026 a eu lieu.

Nous avons eu la chance d’accueillir deux invités qui ont pris la parole.

Nous remercions chaleureusement Monsieur Robert Tanner, directeur des Ressources humaines, avec qui nous avons mené une collaboration fructueuse en 2025 et que nous nous réjouissons de poursuivre en 2026 afin d’améliorer les conditions de travail des médecins.

Nous remercions également la Professeure Klara Posfay-Barbe, directrice médicale des HUG, d’avoir pu se libérer et d’avoir participé à notre assemblée générale 2026.

C’était aussi l’occasion d’un renouveau au sein de notre comité. Nous saluons tout d’abord André Juillerat pour ses années d’engagement à l’AMIG. Il assumait également depuis l’année passée la co-présidence avec Bastien Barcellini. André Juillerat est remplacé par Romain Bonnet, qui devient notre nouveau co-président aux côtés de Bastien Barcellini.

Nos remerciements vont également à Arnaud Peytremann, Chloé Frund, Aileen Bodenmann et Marianne Latrille pour leurs années d’engagement précieux au sein de l’AMIG.

Nous avons enfin le plaisir d’accueillir au comité Alexandre Rebmann, Céline Faessler et Matthieu Laurencet.

La clause du besoin continue d’avoir un impact concret sur l’installation des jeunes médecins à Genève.

L’AMIG représente les internes et chef·fe·s de clinique du canton et suit de près les conséquences de cette régulation sur les parcours professionnels.

👉 Si vous êtes concerné·e par une demande d’admission à charge de l’AOS, nous vous invitons à nous contacter.

Votre retour est essentiel pour évaluer l’impact réel de la situation sur les jeunes médecins, identifier les difficultés rencontrées et, lorsque cela est possible, vous proposer un accompagnement ciblé, avec des conseils, un soutien et des pistes pour optimiser ou raccourcir les délais d’attente.

À l’occasion du Café de l’Égalité organisé aux Hôpitaux universitaires de Genève, Céline Dehavay et Romain Bonnet ont représenté l’AMIG en prenant la parole sur le thème de la parentalité en milieu hospitalier.

Cet événement, inscrit dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes, s’inscrivait dans une réflexion plus large sur les liens étroits entre santé au travail et égalité. Les discussions ont mis en évidence une réalité simple : certaines contraintes biologiques et sociales, en particulier liées à la parentalité,  restent insuffisamment reconnues dans l’organisation du travail médical et dans les politiques institutionnelles.

L’intervention de la Dre Céline Dehavay, intitulée « Parentalité et carrière médicale : retours de terrain », a apporté un éclairage concret basé sur son expérience au sein de la consultation CASAA. Elle a décrit plusieurs difficultés rencontrées par les médecins parents, notamment les contraintes horaires, les attentes en termes de disponibilité et certaines limites organisationnelles. Son intervention a ainsi contribué à illustrer les enjeux actuels liés à la conciliation entre parentalité et carrière médicale.

Les échanges avec les autres intervenants et le public , professionnels de santé, étudiants et participants extérieurs,  ont confirmé un constat partagé : malgré une prise de conscience croissante, les mesures concrètes restent insuffisantes. L’écart entre les discours institutionnels et la réalité du terrain persiste.

Ce Café de l’Égalité a néanmoins permis d’ouvrir un espace de discussion interdisciplinaire utile, en croisant expertises et expériences. Une conclusion s’impose : améliorer les conditions de travail des médecins parents n’est pas une question secondaire. C’est un levier direct pour une médecine plus équitable, plus durable et plus cohérente avec les valeurs affichées par les institutions.