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La clause du besoin étrangle la relève : l’AMIG alerte

Dans son dossier du numéro de mai 2026, La Lettre de l’AMGe donne la parole au comité de l’Association des Médecins d’Institution de Genève (AMIG), qui dresse un constat sévère sur l’application de la clause du besoin dans le canton.

Un instrument détourné de son objectif

Introduite à Genève en 2022 pour réguler l’offre ambulatoire et maîtriser les coûts de l’AOS, la clause du besoin n’a, selon l’AMIG, pas atteint son but : l’évolution des primes genevoises depuis lors (+4,7 % en 2023, +9,1 % en 2024, +6,5 % en 2025, +3 % en 2026) ne montre aucun effet significatif de la mesure, alors que 110 confrères et consœurs se sont vu bloquer l’accès à la facturation AOS au 1er mars 2026.

Quatre critiques majeures

Le comité de l’AMIG identifie une opacité procédurale marquée : le calcul de l’offre repose sur une base déclarative non vérifiée par l’Office cantonal de la santé (OCS), avec des mises à jour seulement quadriennales, ce qui a notamment permis à des praticiens décédés de rester comptabilisés comme actifs.

Un traitement inégal est également dénoncé entre les structures hospitalières, capables de négocier des postes AOS « volants », et les jeunes médecins libéraux en liste d’attente. L’AMIG relève aussi que le système peine à intégrer les taux d’activité partiels et flexibles, de plus en plus demandés par la nouvelle génération, et qu’il limite fortement la liberté d’embauche des cabinets et institutions.

Des demandes concrètes

Le comité réclame une transparence complète sur l’offre, la liste d’attente et les critères d’exception ; une réévaluation en temps réel plutôt que déclarative ; une meilleure prise en compte du temps partiel ; la publication anonymisée des départs à venir ; des dispositions transitoires pour les praticiens déjà en formation en 2022 ; et une intégration plus précoce de ces enjeux dès la formation prégraduée.

L’AMIG conclut en appelant à une réforme conjointe avec les autorités sanitaires, rappelant que la pérennité de l’offre médicale ambulatoire dépend aussi de la capacité à transmettre les cabinets à la relève.

lien vers la lettre de l’AMGe